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Le Vif: Le Ménodivorce, ou pourquoi les femmes larguent leur mari à la ménopause

26-05-2026

Selon Annemieke Dubois, l’émergence du «méno-divorce» remonte d’ailleurs à la fin du XXe siècle, lorsque les femmes ont commencé à acquérir une véritable indépendance financière

Par Elise Legrand

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Le « ménodivorce » : quand la ménopause fait exploser le couple

À 48 ans, Ingrid avait tout de la vie parfaite : mariée, deux enfants, une belle maison et un confort financier. Pourtant, tout a basculé. Sommeil en berne, bouffées de chaleur, libido en chute libre et une charge mentale devenue soudainement intolérable. Face à l’absence de son conjoint et à une routine étouffante, le verdict tombe : elle demande le divorce.

Dans les cabinets d’avocats et les médias, un néologisme émerge pour décrire ce phénomène : le « ménodivorce ». Soit la rupture qui survient au moment de la ménopause. En Belgique, Statbel pointait en 2024 un âge médian au divorce de 45,2 ans. En France et aux Pays-Bas, la tendance est similaire : les séparations chez les seniors grimpent en flèche. Une étude britannique de 2022 (Family Law Menopause Project) révèle d’ailleurs que 73 % des femmes divorcées estiment que la ménopause a contribué à la fin de leur mariage.

Le tsunami hormonal

Certes, les hormones ne brisent pas un couple à elles seules, mais elles agissent comme un puissant catalyseur. Durant la périménopause (qui culmine vers 51 ou 52 ans), la chute de la progestérone et des œstrogènes perturbe le sommeil, l’humeur et la gestion du stress. Plus encore, la baisse d’œstrogènes altère l’ocytocine, l’hormone du lien social.

« Les changements hormonaux font s’évanouir le besoin naturel de toujours faire plaisir et de tout endurer. Une question s’impose alors : pourquoi est-ce que je tolère encore tout cela ? » —  Annemieke Dubois, matchmaker et fondatrice de Jade & Jules.

À ce bouleversement physique s’ajoute une remise en question existentielle. À la cinquantaine, les enfants grandissent, la carrière stagne et l’indépendance financière est acquise. Contrairement à la crise de la quarantaine (« Est-ce que c’est tout ? »), la ménopause impose une urgence corporelle : « Pourquoi continuer ainsi ? »

Communiquer pour ne pas regretter

Si le dialogue est rompu, la distance physique et la baisse de libido sont souvent interprétées à tort comme un désamour. Pourtant, la nuance est de mise. Toutes les relations ne sont pas condamnées. Bon nombre de couples surmontent cette zone de turbulences grâce à une reconnaissance des symptômes, un soutien médical ou une thérapie.

Avant de signer les papiers du divorce, une introspection s’impose pour éviter les désillusions : est-ce une réelle volonté de rupture, ou l’effet de la tempête hormonale ? Car, rappelle Annemieke Dubois, les regrets a posteriori sont légion.

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